MILLESIME 2008

Où le soleil a brillé….par son absence


Il sera mis en bouteilles en 2010 dans la plupart des crus de prestige. Comme tout compagnon il servira, au mieux, d’étalon ou de faire valoir pour les 2009 et au pire de millésime « de transition » permettant d’attendre son glorieux cadet.

La qualité est bien sûr à analyser finement selon les régions et le travail plus ou moins précis des producteurs.

En commun à toutes les régions productrices, un climat printanier des plus instable et humide, générant dès le mois d’Avril une pression cryptogamique soutenue et une hétérogénéité dans le cycle de croissance qui a posé problême à la cueillette.

Le gel a frappé une partie du Val de Loire, avec pour conséquence un très faible rendement. La grêle comme toujours a frappé au hasard en été mais les gros dégâts ont été constaté en Juillet sur Meursault et Volnay avec des couloirs orageux très larges.

En BOURGOGNE, si les blancs sont en moyenne très réussis à Chablis et dans le Maconnais, ils laissent quelques interrogations en Côte d’Or sur leur équilibre de saveurs. Les rouges ont subi des fermentations malolactiques tardives ( taux élevé d’acide malique et hiver froid les ont bloquées) et furent donc longtemps peu « lisibles ». Un gros travail à la vigne et aux vendanges pour trier des grappes hétérogènes a seul permis de sortir des vins très intéressants.

Le tournant, très tardif, a eu lieu le 14 Septembre. C’est à cette date que le temps s’est nettement et durablement amélioré, permettant à ceux qui avaient tenu leur état sanitaire d’attendre sereinement la pleine maturité phénolique. Un tri sévère était quand même nécéssaire pour éviter d’encuver des parties de grappes en retard de maturation.

Dans le RHONE, le mildiou a joué des tours à des vignerons peu habitués, la qualité se jaugera au coup par coup, avec de très grands vins possibles.

Le millésime évoqué comme le plus proche dans le Sud est le 1999, avec des vins très fins, arômatiques. Il n’y aura que peu de cuvées concentrées et puissantes mais les progrès techniques permettront de proposer des vins très purs.

Sa position entre 2007 et 2009, deux monstres en puissance, ne favorisera pas une côte élevée.

A BORDEAUX, le fait important est la très longue durée de maturation, constatée également en 2009, dûe à un ensoleillement direct limité. Malgré tout les faibles précipitations à partir d’Août ont permis une attente plus ou moins sereine et donc de très grandes réussites ( Pomerol, Merlot en général).

Dans le VAL DE LOIRE, 2008 est une belle année dans l’ensemble, certains secteurs ont subi des gelées printanières entrainant une baisse de rendement et une hétérogénéité de matûrité. Les blancs ont une belle définition quand ils ont été « choyés » par les plus sérieux vinificateurs, les rouges sont pleins et séveux, sans matière excessive en général.

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